LE THEATRE CORSE AUX ANNEES '70

Une BD corse?
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La revue Rigiru présentait régulièrement des dessins de G.Thiers, L.Santucci, GG.Franchi (entre autres), illustrant des textes ou quelques-uns des aspects de la revendication culturelle corse.

Toussaint Manfruelli dit Battì a fait paraître en 1990 et en 2001 trois recueils de dessins de presse : Dessins, Pagine bianche è nere (Pages blanches et noires) et Seculi (Siècles), consacrés à l'actualité insulaire des trois dernières décennies. Quelques-unes de ses affiches ont pris au cours des années une valeur emblématique, comme celle associée à la revendication linguistique sur le thème 'O Mà! Parlami corsu' (Maman! Parle-moi corse).

Nicolas Carlotti donne en 1997 (Prix du livre corse), une bande dessinée publiée initialement en épisodes dans le journal La Corse-Le Provençal, consacrée à Grossu Minutu (mot-à-mot Gros Maigre) personnage légendaire aux réparties savoureuses, représentant de l'humour corse, à qui l'on attribue mille aventures assorties de mille bons mots. Existe aujourd'hui une Académie Grossu Minutu qui attribue chaque année un Prix récompensant une oeuvre humoristique corse.

Retenons aussi, parmi de nombreuses BD, quelques titres. Histoire de la Corse en bande dessinée de Ghjacumu Gregori (textes) et Tonì Casalonga (dessins) connut un tirage, impressionnant dans le contexte, de près de mille exemplaires. Ziu Memè (Oncle Dominique), de Dumè Gambini et Lacombe (Albiana, 1988) relate quelques épisodes, réels ou imaginaires, de la vie insulaire. U sette bellu (le «Beau sept», Albiana, 1995) de Battì, met en scène entre imaginaire et réalité des personnages de jeux (U sette bellu est dans le jeu de cartes de la Scopa le sept de carreau) embarqués dans une aventure mêlant références à l'histoire et allusions à Shakespeare. Le dessin y est tantôt «humoristique », tantôt d'un réalisme saisissant. Batti a obtenu le prix Grossu Minutu en 2003 pour l'ensemble de son oeuvre.

Il faut également noter la parution de traductions en langue corse d'albums de la BD française. Ce fut le cas pour Astérix en Corse (Asterix in Corsica, version corse due à Francesca Albertini ) de Goscinny et Uderzo, et pour L'enquête corse (L'inchiesta corsa, traduction de Francescu Maria perfettini) de Pétillon, dont l'accueil dans l'île fut extrêmement, voire frénétiquement, chaleureux. L'auteur a su repérer, et restituer avec beaucoup d'humour, quelques particularismes qui sont dans l'île même objet de plaisanterie (c'est une des formes de «a macagna» que le mot de « plaisanterie » traduit assez mal). L'album a obtenu le prix Grossu Minutu, et a donné naissance à un film tourné dans l'île dans une allégresse de bon aloi (première prévue pour septembre 2004, à Bastia).

Ces parutions et ses traductions témoignent de la volonté de voir la langue corse investir et occuper tout le champ de la production littéraire et culturelle.








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