POÉSIE MÉDITERRANÉENNE Achour Fenni

Ma langue maternelle
Please_leave649
Photo : Karolis Zukauskas

Ma langue maternelle est l'amour
Le silence est mon chant éternel
Si les mots sont de simples détours
Mes poèmes sont mes bras fraternels



Le printemps précoce
Traduit de l'arabe par le poète
Le printemps venant plus tôt
Glisse une rose dans ma montre
Et s'en va
Déjà deux heures se sont écoulées.
Me voilà
Perdu dans d'interminables calculs
Ton parfum envahit tout ce qui m'entoure.

Le printemps,
Venant d'où je ne l'attendais pas
Sème sa verdure dans le sang des amoureux
Et pend leurs âmes roses sur les branches
Et moi,
L'amandier bourgeonnant à peine
Ma chère fleur prend ma main
Me promène dans des nouveaux vergers
Exposant aux dangers
Tous ses meilleurs bourgeons.

Le printemps qui m'entoure de tous cotés
Me fait plus d'horizons
Et prolonge d'une heure ma vie
Il porte mes pulsations.
Faisant des pas dans mon sang
Me voilà parti dans tous les sens
Je porte la joie de la terre
Et de toutes les mères.

Le printemps
Qui éveille l'Andalousie
Aux alentours
Eparpille l'arc-en-ciel
Déborde mon cœur
Puis sonne le glas
Moi,
Je prends l'étincelle
Ebloui j'avance la cachant des veilleurs de nuits !

Le printemps
Que ma main a oublié
Est ramené par l’hirondelle d'éternité
Moi,
Je fixe des yeux une carte muette
Et mes mains sur mon cœur
Une hirondelle seule suffit-t-elle
Pour que le printemps revienne ?

Le printemps est passé dans la foule
A jamais
N'était-il qu'une grande illusion qui caresse mon esprit ?
Et moi depuis vingt ans
Perdu,
J'erre pour découvrir les autres !

Le printemps qui déchire le silence de pierre
Par sa verte lumière
Et d'où sort une senteur
Et des merveilles de son cœur
Erre dans les yeux des gens
Dans la nuit
Embrasse les balcons
Il envoie un rêve frapper aux fenêtres
Jusqu'à l'aube
Voyant son corps perfide
Il se retire
Et se suicide !

Le printemps
Qui n'a jamais trahi
Aménage la terre pour se promener
Et n'attend personne !

Le printemps
Jamais cité dans un livre
Voyant les chiens aboyer
Se faufile entre lettres et guerres
Et s'installe sur terre

Ce sont les cœurs qui s'échangent la mort
Les balles, elles ne tuent que les corps !
Dis-leur que je suis un œil qui voit
Un messie qui réconcilie tous les villages
Où qu'il marche fleurit un nouveau paysage !
Dis-leur que je ne viens qu'une seule fois
Et je demeure,
Vivant attaché à ma terre
Quand l'écume s'en va !

Le printemps
Est venu très prudent
Pourchassé par les tirs de l'hiver
Il se retourne :
A chaque pas un fossé
Il respire éparpillant les roses
Il avance
Suivant le chemin des martyrs !






© University of Wales, Aberystwyth 2002-2009       home  |  e-mail us  |  back to top
site by CHL