Asma Shaker

Guerre... aux quatre vents (journal quotidien...)
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© Florence Aigner
Traduit de l'arabe par Samira Negrouche

1. Fenêtres…pour la pluie

Une explosion proche…très proche, souffle les murs
Le bruit du verre tombe dans un énorme bruit de collision, beaucoup d’objets s’éparpillent
Une fumée noire épaisse, des pompiers, des ambulances qui délirent…
Quelques mètres de confusion, des fenêtres ouvertes qui séparent ma stupeur de l’incendie provoqué par les bombardements.
Une heure et demi de feu et de fumée, les décombres d’un bâtiment s’affaissent sur le terrain, de nombreux morceaux de verre, des façades d’immeubles brûlées, érodées par le feu et un reste de mousse blanche dans la rue.
La rue n’a pas de trottoir…l’air froid de la nuit gèle les larmes.
Au matin…j’ai prêté attention au bruit de mon père collant des verres en plastique sur les fenêtres au lieu du verre.
…Il pleuvait

2. Raid illusoire

Tout vibre … les tuiles, la porte et même le plastique des grilles. A chaque raid, un vertige chronique confond l’air.
Une escadrille d’avions F16 passe…au loin… là-haut, forme une ligne droite de fumée, déchire les nuages blancs.
«Des raids illusoires », c’est ce que mon père a dit lorsque nous avons tremblé sous ces petites secousses…
« Ils tirent sur le vent, ce sont de petits aviateurs qui s’entraînent…n’ayez pas peur »
Autre bombardement de taille, secousses répétitives sous la pression de l’air…bruit de bombardements qui s’abattent, ce n’était pas… ce n’était absoulument pas du vent.

3. Tourbillon

Nous nous entassons tous devant la bande d’infos circulaire, nous observons avec inquiétude…la bande tourne, le visage de la présentatrice tremble pendant le journal, la voix casse, la mouche d’escadre tourne elle aussi et avale la diffusion.
Une nouvelle information nouvelle…puis une autre.
(L’armée israélienne annonce le début d’une opération terrestre dans le secteur)
Je remue le sucre dans la tasse de thé…je le remue et il ne fond pas, cet appareil-là illumine…
Une lettre urgente me parvient : « je prie pour les résistants, mes cinq frères sont partis…là-bas ».
Le thé refroidit, le bombardier tourne…la bande d’infos tourne, le correspondant dit :
« Il semblerait que les jours à venir soient pires que… »

4. Journaux…à vendre.

Fin de journée…
Ce n’était pas un raid imaginaire, ce n’était pas un bombardement, c’était des avions « de paix » qui jetaient des bombes en papier ressemblant à des paillettes étincelantes et belles qui brillent dans le visage du soleil et ce qui reste de lumière en retrait.
Elle se posent doucement au-dessus des toits et des rues, pendouillent sur les fils électriques et les piliers.
Vacarme d’enfants qui jouent dans la cour, l’un d’entre eux ramasse fièrement les bouts de papiers qui tombent, les épingle d’un fil puis court, il foule le sol… en criant : « journaux…journaux à vendre ».
Suivent les autres enfants, les lui arrachent des mains, les déchirent…et rient.




Un nuage... proche
Traduit de l'arabe par Samira Negrouche

Elle a lorgné la porte à moitié ouverte, l’a légèrement tirée vers elle, le ciel était gris et les nuages habitaient le rebord du ciel.
La petite a soulevé ses fins orteils, elle a observé le ciel et souri…
Elle a couru avec bonheur vers sa mère…, elle a retiré ses mains de la porte, a sautillé avec l’euphorie de la première découverte de l’espace qui la surplombait, elle a fait un demi-cercle sur le seuil puis signe à un nuage proche :
- Regarde…regarde…c’est Dieu qui descend vers nous, il nous rend visite !
La mère a tremblé, étreint sa petite avec frayeur…elle a fermé la porte avec empressement marmonnant des incantations incompréhensibles,
Elle ne les a pas comprises
Elle s’est baissée pour poser un baiser sur son front, sa voix était basse :
- C’était un nuage…et non Dieu, nous ne voyons pas Dieu.
La petite était triste, mais…elle n’a eu de cesse d’observer le ciel…avec de grands yeux.







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