POESIE : Adrian Grima
Tu as laissé tes hanches sur mon âme
Tu as laissé ta main sur mon coeur, m’a-t-elle dit,
comme une brise sur le matin,
comme un ciel sombre sur la mer,
comme les mouettes volant vers la gloire,
comme les mots gravés, comme une histoire.
Tu es la fraîcheur qui me porte encore,
tu es le souffle qui me recouvre.
Tu as laissé tes hanches sur mon âme.
Que feras-tu au bout de la nuit ?
Que feras-tu au bout de la nuit
et lorsqu'encore une fois
se lèvera le jour?
Comment contrôleras-tu le feu
qui brûle ce qu’il trouve en toi?
Qui
ramassera la cendre empoisonnée
avant
qu’elle t’étouffe pour toujours ?
Et
qui chassera la puanteur d’une nuit
qui fermente dans la haine?
Quand tu rentres chez toi la journée,
on va bien t’accueillir,
le héros de la patrie déséquilibrée
que tu as créée avec tes amis ;
mais
un jour, quelqu’un te demandera*
et
redemandera,
et
tu vas nier
et
balancer ta tête bouleversée,
et glisser dans la nuit empoisonnée
qui a envahi ton âme fermentée.
Que feras-tu quand la formaline
te rongera l’intérieur pour de bon
tandis qu’apparaîtra au moins un peu,
la lumière?
* On dit que la fille de Ratko Mladić Ana s’est suicidée lorsqu’elle a appris ce que faisait son père en Bosnie



