POESIE : Simone Inguanez
Nymphe
je viens de l’eau, plonge et
remonte
nage, plonge et resurgis
et y reste
– ou me précipite au loin
si tu t’approches trop près,
je disparaîtrai
je suis une île
parfois, je m’éveille à la
lumière, aller là où elle miroite
l’eau miroite et l’eau apaise
– ou elle aveugle
mais mes yeux sont scellés,
personne ne brille en eux
si tu t’approches trop près, je les ferai
éclater
je suis une créature de l’eau,
l’eau m’a modelée
parfois elle me calme, parfois elle me réveille
les vagues dansent, comme le
feu, les vagues dansent
mais les vagues continuent à
aller et venir, le feu ne part pas
si tu viens tout près, je finirai ma vie
allée n°1
là une
fillette observe – se tient dans la ruelle
peau brune,
bouche ouverte, lèvres chaudes
là naples, la
sicile et la sardaigne
là crète et
athènes, chypre et madrid
– toutes enfermées dans les yeux cloués de la
fillette
là le métal de
la mer et le feu du voyage
là la douleur
et les larmes
– la lune s’est
transformée en sable et le soleil est une question
et il y a moi – vagabond rôdant sur la côte
près d’une
vieille femme qui dort assise – son lit
dans la bouche
de la porte, quand elle rêve –



