- Editorial
- Essai : En attendant le grand roman estonien, Märt Väljataga
- Extrait du roman : Andrus Kivirähk (Le granger ou Novembre)
- Extrait du roman : Jaan Kaplinski (Hektor)
- Extrait du roman : Mati Unt (Des choses dans la nuit)
- Une Nouvelle : Mehis Heinsaar (La jolie fille qui avait déjà tout vu)
- Poésie : Doris Kareva
- Poésie : Jaan Kaplinski
- Poésie : Hasso Krull
- Poésie : Viivi Luik
- Poésie : Ene Mihkelson
- Poésie : Tõnu Õnnepalu
Poésie : Doris Kareva
Poèmes
L’amour suit des chemins imprévisibles
mais son esprit semble présent
dans tout ce que tu touches.
La plante se dresse si doucement vers le ciel
si doucement se tourne vers le soleil.
Entre tous les instincts, celui-là :
peut-être le plus profond.
Chaque jour,
chaque nuit,
quelqu’un vient
les yeux carbonisés.
Il ne dit pas
ce qu’il a vu
dans le monde
vivant.
LE CHASSEUR DE LUMIÈRE
1.
Lumière miroitante, dissimulée, foudroyante :
sans cesse la saisit ta surface miroir,
sarcastique et prophétique ; jetant des reflets
sur la pénombre qui te pénètre ;
luttant seule dans l’enchantement chatoyant –
nue, évidente, menaçante, stimulante,
convexité étincelante et scintillante – œil ?
roi ? ambassadeur ? soldat en ce bas monde ?
ou magicien ?
En aucun d’eux ne se distingue
ton rayonnement.
Ton âme pourtant se révèle – lentille concentrant, rassemblant la lumière, qui,
vitesse et chaleur – liesse et lueur –
indescriptible me traverse.
2.
Dans le labyrinthe se répand l’odeur.
Il est arrivé. Nous ne connaissons pas encore
la forme de son corps, ni la lumière
qui fulgure sous son front. Mais l’esprit
déjà se tend. Chacun de nous est atteint
par son frôlement invisible,
son pouls qui bat dans les hauteurs pourpres.
3.
Ferme les yeux et revis.
La phrase que tu trouves tonne comme un écho
sous les voûtes du souvenir. C’est là
que tu te tiens, fasciné
par les gouttes du jet d’eau.
Ainsi ton âme
s’élève dans un élan de passion – ainsi, dans sa clarté, éclate et se révèle
la mélodie toute-puissante de la lumière.



