La Foire du Livre de Budapest

Les nouvelles tendances du roman espagnol
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A Budaspest, lors d'un débat sur les nouvelles tendances du roman espagnol, Luis Magrinyá condame « l'hystérie des langues minoritaires ». A son avis, ces langues ont tendance à parler d'elles-mêmes et ne sauraient s'adapter aux motivations profondes de l'auteur'. Elles sont 'un médiocre outil favorisant l'introspection'.

Découvrir l'édition précédente de Transcript, consacrée entièrement à la littéraure Catalane.

Tous les écrivains invités avaient répondu présent à ce débat organisé dans le cadre de la Foire du livre de Budapest. Des grands noms , tels les romanciers Eduardo Mendicutti et Luis Magrinyá, auxquels vinrent se joindre Miguel Sanchez Ostiz, Augustin Cerezales et Moïses Pascual, ainsi que le 'nouveau' romancier Diego Pita et le présentateur Miguel Angel Moreta.

Les écrivains en vinrent au thème des choix personnels ayant influencé leur art, et très vite le débat prit un ton fortement émotionnel. Mendicuti, un des chefs de file de la littérature gay, exprima son désir d'une fiction plus « engagée », plus « réelle » - moins hétérosexuelle et plus homosexuelle, moins intellectuelle et davantage « en phase avec les préoccupations des gens ordinaires ». Ce qui provoqua l'irritation de Pascual, pour qui ses écrits sont inspirés par la vitalité et la réalité quotidienne de l'Esapgne rurale : « A Madrid, personne ne sait ce à quoi cela ressemble. »

Le thème qui fut ensuite abordé est un sujet brûlant en Espagne tout comme en Hongrie : le multiculturalisme. Ces deux pays ont une conscience aiguë du changement qui s'opère d'une culture traditionnelle vers une culture moderne, de nature paneuropéenne. En outre doivent cohabiter dans ces deux nations diverses langues et populations, y compris d'importantes minorités Tsiganes.

Dès lors, les questions d'identité dominèrent le débat, tout comme le fit d'ailleurs Luis Magrinyá, qui monopolisa quelque peu la parole. Selon lui, contrairement à Goytisolo, qui pense que 'plus il y a de langues, mieux c'est 'le multilinguisme mène à la 'dysglossie'. Selon Magrinyá, qui grandit dans la Catalogne provinciale des années 70 et parlait catalan dans le foyer familial, sa langue maternelle était un outil inadapté à l'écriture. Il se tourna donc vers le castillan, la langue de l'Espagne impériale, dans laquelle il trouvait souplesse, richesse d'expression et « prestige ».

Bien conscient que ses propos pouvaient être taxés de snobisme, il expliqua que les « langues opprimées » reflètent en fait leur propre appauvrissement, qu'elles ont tendance à parler d'elles-mêmes et ne sauraient s'adapter aux motivations profondes de l'auteur. Elles sont pour résumer un médiocre outil favorisant l'introspection. Continuant dans la provocation, il termina par une condamnation de « l'hystérie des langues minoritaires ».

Ces propos laissèrent les autres intervenants abasourdis, et le débat s'orienta immédiatement sur les causes minoritaires dans le domaine du roman. Selon Pascual, écrire sur les minorités est tout le contraire d'une contrainte dès que l'engagement de l'auteur est total. Propos confirmés par Cerezales, qui parla de ses écrits sur les paysans et les gitans andalous. Dans sa foulée, chacun évoqua un exemple concret de son intérêt pour la cause des minorités. A l'exception de Magrinyá, qui vint jeter de l'huile sur le feu en affirmant que quant à lui, il préférait écrire sur des sujets extérieurs à sa propre communauté, affirmant que le fait d'appartenir à une minorité n'a en soi rien de particulièrement intéressant. Mais déjà le débat touchait à sa fin, et le modérateur conclut prestement la discussion : « des minorités dans un endroit donné », dit-il avec sagesse, « peuvent être dans un contexte différent des majorités. »






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