Francis Ebejer

Hommage à Francis Ebejer (1925-1993)
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L'Akkademja tal-Malti a voulu célébrer la date du 10 juin 2003, dixième anniversaire de la mort de Francis Ebejer et rendre hommage à cet éminent écrivain, membre fidèle de l'Académie.

Par Charles Briffa, Président de l'Akkademja tal-Malti.

Le dramaturge et romancier maltais Francis Ebejer est né le 28 août 1925 à ad-Dingli et s'est éteint le 10 juin 1993 à St Julians. Ebejer étudia la médecine à l'Université de Malte en 1942 et 1943 avant d'abandonner ses études pour devenir interprète anglais-italien auprès de la 8ème Armée des Forces britanniques en Tripolitaine, en Afrique du Nord (1943-44). Après la guerre, il devint professeur et, à l'issue d'une formation universitaire au St Mary's Training College, dans le Middlesex (1948-50), fut nommé directeur d'une école primaire à Malte, poste qu'il occupa jusqu'en 1977.

Ebejer écrivit tous ses romans en anglais, à une exception près. Son dernier roman, Le Baron maltais et moi, Lucian, fut publié en 2002, neuf ans après la mort de l'auteur. Cet ouvrage peut être considéré comme le pendant de Requiem pour un fasciste maltais (1980). Les deux romans traitent du fascisme et de la seconde guerre mondiale, qui devait avoir une influence déterminante sur Ebejer.

Les autres romans de Francis Ebejer sont A Wreath of Maltese Innocents (Une couronne d'innocents maltais, 1958), Wild Spell of Summer (Charme sauvage de l'été, 1968), In the Eye of the Sun (Sous le regard du soleil, 1969), Come Again in Spring (Reviens au printemps), Requiem for a Malta Fascist (Requiem pour une fasciste maltais, 1980), et Leap of Malta Dolphins (Le bond des dauphins maltais, 1982).

Ebejer est le dramaturge maltais le plus important de la seconde moitié du vingtième siècle. Ses pièces résolument novatrices, dans lesquelles l'élégance du style n'a d'égale que la maîtrise de la langue, reflètent le caractère profondément introspectif de la société maltaise

Alors que dans les années 50 il écrivait presque exclusivement pour la radio, c'est dans les années 60 et 70 qu'il atteint à la maturité et écrit la plupart de ses oeuvres dramatiques. Ses trois oeuvres majeures, Vaganzi tas-Sajf (Vacances d'été,1962), Boulevard (1964) et Menz (1967) connurent un grand succès et vinrent combler une lacune en proposant au public maltais un genre jusqu'alors inconnu sur l'île, le théâtre d'idées.

Même si ses pièces traitent des aspects universels de l'humanité, Ebejer définit toujours les Maltais comme des Méditerranéens. Chez lui, l'universel s'inscrit dans un environnement bien spécifique. Ebejer entend montrer que si la vie sur la petite île de Malte est profondément enracinée dans l'histoire, l'île est bien vivante et qu'elle n'est en rien coupée du monde moderne.

Le thème du devenir de la Méditerranée centrale est une préoccupation majeure chez Ebejer, et l'interaction du passé et du présent, avec des incursions furtives dans l'avenir, est chez lui un thème récurrent. Tous ses personnages sont le reflet d'une nation inachevée, en quête d'identité et de continuité culturelle, où société et religion sont intimement mêlées.

Dans son théâtre, Ebejer ne cessa de se livrer à des expérimentations hardies. Dans Boulevard, par exemple, il joue avec l'idée de l'absurde, utilisant la langue pour briser la stabilité de la tradition. Il introduisit également à Malte le concept du théâtre d'idées, dans lequel une thèse est développée. Dans Menz, par exemple, il reprend l'idée de la nécessité de la liberté individuelle dans un système social dont la rigidité est la règle. Dans Vaganzi tas-Sajf, l'homme doit rechercher la paix intérieure dans les limites de sa propre expérience et de sa maturité ; dans L-Imwarrbin (1973), il confronte le passé au présent afin de révéler le processus de la conscience individuelle et utilise la technique de la pièce-dans-la-pièce pour conserver le lien avec la réalité.

En 1961, Ebejer reçut une bourse de la fondation anglaise PEN et demeura membre de cette société internationale de romanciers. Il fut chercheur invité de la fondation Fullbright (USA) en 1961 et 1962. Son travail de dramaturge lui valut d'innombrables prix à Malte et à l'étranger. Il était membre de l'Académie des écrivains maltais et membre honoraire de l'Académie du Vaucluse, en France.







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