CATALOGNE DU NORD

Un pays, deux frontières
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Nous avons demandé à six artistes et auteurs de la Catalogne-nord de nous parler de la manière dont cette réalité influence leur travail créatif. Joan-Lluís Lluís, Joan Daniel Bezsonoff, Pascal Comelade, Jordi Pere Cerdà, Patrick Gifreu et Gerard Jacquet analysent donc la réalité de la Catalogne-nord et la manière dont elle influence leur travail de création.
Conservée par le Sud au sein du royaume d'Aragon grâce à la signature du traité de Corbeil en 1258, incorporée au Nord par le traité des Pyrénées, en 1659, la Catalogne-nord a vécu, pendant quatre siècles, un processus de francisation. Ce n'est que dans les années 1960, alors qu'un certain catalanisme fait jour au sud, que commence à y renaître un catalanisme culturel. À partir des années 1970, on entreprend l'enseignement du catalan dans les écoles, tout d'abord de manière volontaire, puis en tant qu'option. Surgit ensuite aussi un catalanisme politique qui, à partir de 1993, parvient à s'exprimer partiellement à la mairie de Perpignan. Tout cela a permis, dans les années 1990, de mettre en marche un processus de mise en valeur de la culture et de la conscience catalanes, dans un contexte réglementaire plus favorable que jamais au catalan.




La diminution du Catalan

Parallèlement à ce fait, le nombre de personnes qui vivent en catalan en Catalogne-nord diminue. Dans une étude publiée au début de 2003 dans le dernier numéro de Lengas. Revue de sociolinguistique, éditée par l'Université Paul Valéry de Montpellier, Jean-François Courouau, de l'Université de Pau, analysait les deux enquêtes quantitatives qui ont été réalisées au Capcir, dans le Conflent, le Roussillon, le Vallespir et la Haute-Cerdagne (la Catalogne-nord) sur le profil sociolinguistique du catalan. Il confirmait cette tendance. Si en 1993, sur une population de 304 888 habitants, 36,8 % de Catalans du Nord affirmaient comprendre parfaitement le catalan, en 1997, il n'en restait plus que 24 %. Le nombre de ceux qui le parlent sans problème passent de 33,6 à 17 % et les pourcentages de lecture et d'écriture diminuent également.





La situation actuelle

De nos jours, la majorité des personnes qui parlent catalan en Catalogne-nord sont des personnes âgées qui vivent dans des villages, tandis que les jeunes trouvent de moins en moins d'occasions de l'utiliser dans leur vie sociale.

Les migrations ne justifient pas ce déclin car lors des premières enquêtes, les rapatriés d'Algérie, les immigrants du Maghreb et les pensionnés venus du nord étaient déjà arrivés.

La raison de cette diminution est que le français, l'unique langue dotée des prérogatives accordées à la langue nationale, langue de l'État et des institutions, langue de l'Administration, continue à s'identifier avec les notions de progrès et d'ascension sociale, des notions adoptées par les Français de manière définitive à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque s'effectua une coupure dans l'utilisation sociale du catalan qui, jusqu'alors, s'était au moins maintenu dans les villages.

Tout cela fait que la Catalogne-nord continue à être exclue du côté français lorsque sa catalanité s'exprime trop fort, et oubliée du côté espagnol pour ne pas avoir su revendiquer suffisamment son particularisme identitaire.

Nous avons demandé à six auteurs de la Catalogne-nord de nous parler de la manière dont cette réalité influence leur travail créatif. Joan-Lluís Lluís, Joan Daniel Bezsonoff, Pascal Comelade, Jordi Pere Cerdà, Patrick Gifreu et Gerard Jacquet analysent donc la réalité de la Catalogne-nord et la manière dont elle influence leur travail de création.









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